Le monstre sacré du cinéma coréen: The host.  posté le mardi 17 mars 2009 08:59

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Ne voulant pas passer pour un vieil aigri (les trois précédents articles n’étaient pas des plus enthousiastes !), je vais cette fois ci laisser un petit avis sur un film que j’affectionne tout particulièrement. Il s’agit de The host, véritable monument du cinéma fantastique contemporain.

N'y allons pas par 4 chemins, The host s’est imposé dès sa sortie comme une nouvelle référence du film de monstre en nous proposant, entre autres, un gloumoute parmi les plus beaux vus sur un écran. Soutenues par une animation incroyable (le plan où le monstre se retourne sur lui même afin de chopper la fillette ! ), de purs moments de tension et une réalisation dont la virtuosité discrète –et toujours au service du récit- évoque à plus d’un titre le cinéma de Steven Spielberg, les (nombreuses) apparitions de la bête s'imposent comme de pures scènes d'anthologie et, sans hésitation possible, les morceaux de cinoche les plus excitants vus en 2006 (pourtant riche en morceaux de choix tels que Fearless, Miami Vice, Les fils de l’homme, Munich, Le labyrinthe de Pan, Black book ou Arrivederci amore ciao). Que dire de la première apparition de la bestiole (notez la variété de termes employés pour designer notre grosse poiscaille !) si ce n'est qu'elle parvient même à surpasser en termes de mise en scène l'attaque des Gyaos sur Shibuya dans le Gamera 3, Revenge of Iris de Kaneko, c'est dire si ça débourre ! Aussi, comment ne pas être conquis face à cette inventivité de chaque instant, ce fourmillement d'idées qui prend souvent forme via une multitude de petits détails bien sentis comme, par exemple, la créature -née de la pollution- qui s'enfile, avec délectation (comme s'il s'agissait d'une friandise), le contenu du jerricane d'essence dans le gosier lorsque le clochard l'asperge afin de la faire cramer. Je le répète à nouveau, The host, c'est du bonheur en barre pour tout amateur de films de streums ! Et ce malgré une poignée de CGI de facture plutôt moyenne durant le final (je pense en particulier au gloumoute en feu)...Ne chipotons pas, dans l'ensemble les gars de The orphanage ont vraiment fait un boulot...monstre !
Mais The host ne se contente pas d'être un putain de film de GROS monstre que l'on rangera sans sourcilier aux côtés de Godzilla (celui de Honda pour les 2 du fond !), King Kong (version 1933 et 2005... Guillermin ? Connais pas !), Jaws ou Revenge of Iris, si, si je vous assure... Le métrage de Bong Joon-Ho se présente aussi comme un véritable "rollercoaster émotionnel" (paye ton expression galvaudée !) qui, par ses incessantes ruptures de ton, (comme dans la vraie vie dira t'on vite fait) implique le spectateur comme rarement et nous fait aimer cette famille "tuyau de poêle", ces losers magnifiques aussi attachants que drôles. Dans The host, le comique et le tragique se lient de façon miraculeuse, imprévisible et sans cesse surprenante. A ce titre la scène qui suit la disparition de la petite fille fait mon(s)tre d'une maîtrise impressionnante dans l'enchevêtrement rires/larmes. Loin d'être une simple bouffonnerie, cette séquence d'hystérie collective se révèle finalement poignante, l'humour n'est pas là pour nous faire sortir de ce qui se déroule à l'écran (et regarder tout ça de haut dans une attitude que l'on qualifiera de cynique) mais au contraire pour nous impliquer d'avantage. Rire pour s'empêcher de pleurer en quelque sorte.
Ce portrait de famille va de paire avec la charge politique menée par Bong puisque le film nous montre un petit groupe de personnages (qui semblent, à priori, complètement à la masse) faisant preuve de solidarité, d'altruisme et de dépassement de soi (en ce qui concerne le père de famille il s'agit d'une véritable quête initiatique) dans un pays bouffé par l'individualisme forcené et la soumission aux puissants. Plus que les USA (qui en prennent quand même pour leur grade), Bong Joon-Ho dénonce surtout l'attitude servile de la Corée vis à vis de ces derniers.
En résumé je dirais juste que The host est une réussite totale, un "monster movie" tendu et jouissif qui parvient à nous fait rire, pleurer, trembler et réfléchir sans qu'a aucun moment les différents aspects ne s'annihilent mutuellement comme ça aurait pu être le cas...Bref, un idéal de "blockbuster" fun et intelligent aussi audacieux qu'habile dans son approche particulière de différents genres.

L’ayant revu un nombre incalculable de fois depuis sa sortie en salles, je peux l’affirmer haut et fort, The host est LE chef d’œuvre du « nouveau cinéma Coréen » et, probablement, un des plus beaux films sortis ces 10 dernières années.

Vivement le prochain film de Bong Joon-Ho (déjà responsable de Memories of murder… Le meilleur « sérial thriller » depuis Se7en ) !

 

 

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