Sur ce, je vais me rematter Peking Opera Blues...  posté le lundi 16 mars 2009 12:55

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Il faut bien l’admettre, le dernier Tsui Hark est une nouvelle déception même s’il se révèle plus encourageant que son échec précédent (Missing ou la rencontre entre un mauvais drama torché à la DV et un sous frères Pang/ sous Takashi Shimizu).
Le plus gênant est sans nul doute le partis pris cynique, à la base même du scénario, dont Tsui Hark ne parvient pas à se dépêtrer (l'histoire s'articule autour d'une jeune chercheuse ayant inventé des patch de phéromones afin d'attirer les personnes de sexe opposé). Le film, se voulant féministe (ce qui est guère étonnant quand on connait la filmo de Tsui Sifu), fait même preuve d'une étonnante complaisance cynique envers ses personnages féminins... Difficile de trouver plus maladroit !
En plus d’être basé sur un pitch hautement casse gueule (ou foireux, c’est au choix) et fort mal exploité (les incohérences sont légion), le scénario de All about women est surtout un bordel sans nom auquel Tsui ne parvient jamais à donner un véritable sens. En cela on est loin de The blade, Time and tide ou Legend of Zu où l'impression de chaos (maîtrisé) qui s'en dégageait était justifiée car au centre même de la thématique de ces films. Ici l’aspect totalement foutraque et décousu de la narration paraît injustifié, en résulte un récit bourré de personnages souvent indiscernables (faute à une caractérisation à la fois insuffisante et incohérente) et, finalement, assez peu attachants (un comble pour une comédie romantique !), sans oublier de nombreuses digressions inutiles (la fille qui se paralyse dès qu’un homme la touche…Oui, comme dans Black Mask 2 ! D’ailleurs ça se révèle tout aussi gratuit que dans son film de catcheurs mutants même si cela nous vaut, en début de métrage, une séquence de danse burlesque plutôt bien découpée). Au rayon des -nombreux- défauts qui parasitent All about women on passera vite fait sur l’humour parfois limite beauf (on est bien loin d’un Shanghai blues !) pour se pencher sur son rythme très inégal. Le film, présentant ses différents personnages sous la forme d'un montage parallèle assez vif car dynamisé par quelques idées de mise en scène plutôt bienvenues (en particulier les transitions d'un personnage à l'autre), démarre sur les chapeaux de roue pour ensuite stagner et étirer plus que de raison les séquences occupant toute la deuxième partie du métrage. Même si tout n'est pas à jeter, la scène de la vente aux enchères ainsi que le looooong climax se déroulant durant un concert de pop/punk semblent s'éterniser et deviennent, par conséquent, plutôt pénibles. Dommage car le film, contrairement au précédent échec du maître, possède quelques qualités dont une véritable inventivité formelle soutenue par une photo colorée aux teintes pastel agréables à l'œil, ainsi que des cadres souvent bien composés (ça change de Missing...Sur ce, j'arrête de m'acharner, promis !).
Bien que cette vaste bouffonnerie ne raconte finalement pas grand chose, Hark semble s'amuser derrière sa caméra et nous balance tout un tas d'effets visuels rendant le métrage, fort heureusement, un minimum ludique (à défaut d'être vraiment drôle). Certaines de ces "expérimentations" semblent sortir tout droit de Time and tide, mais contrairement au film précédemment cité, il serait vain de chercher ici un sens dans la plupart de ces coquetteries graphiques dont l'unique but semble être d'amplifier le caractère résolument bouffon de ce qui se déroule à l'écran... On a même droit à un plan en CGI où la caméra rentre dans une canette de binouze en plein vol, laquelle (la canette, pas la caméra) finira sa trajectoire en s'éclatant sur le visage d'une des trois héroïnes du film.
De temps à autre, Tsui Hark parvient même à livrer quelques rares séquences inspirées: On mentionnera un très court combat de boxe où intervient, sous la forme d'un dessin animé, le célèbre corbeau de Tsukasa Hojo, ainsi que l'arrivée -spectaculaire- d'une buisness woman diablement sexy (Kitty Zhang) dans ses locaux, Laquelle déclenche, involontairement, un véritable chaos parmi ses employés de sexe masculin. Pour finir, il y'a aussi cette limousine fonçant à toute allure sur des dizaines d'hommes (en tenue de mariés) qui voltigent et s'écrasent sur la voiture lors une séquence renvoyant aux délires cartoonesques de Stephen Chow (en moins réussi cependant).

En résumé, le dernier film de Tsui Hark est loin des chefs d'œuvre (Shanghai blues et Peking opera blues) dont il se voudrait une version "moderne" et s'avère très mineur dans la filmographie du maître de HK qui, pourtant, fait preuve d'une expressivité visuelle pas toujours justifiée et, par moments, maladroite (l'utilisation de CGI's d'un autre âge) mais finalement assez encourageante compte tenu de son précédent métrage. Espérons que pour la prochaine fois, Tsui Hark ait un sujet à la hauteur de ses ambitions (si le Juge Ti avec Andy Lau se confirme, on en doute pas !).

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