Bonne surprise: le dernier né des studios Dreamworks,
bien que ne rivalisant pas avec les chefs d'œuvre du studio
Pixar, se révèle être à des
années lumières de la nullité de leurs autres
productions telles que la trilogie Shrek ou Madagascar. Déjà,
visuellement, Kung-Fu Panda
a juste 100 fois plus de gueule que les trucs
précédemment cités: Le character design des persos
s'avère, pour le coup, vraiment réussi (je kiffe les
canards !) tandis que décors et couleurs flattent
constamment la rétine. Rien que pour sa beauté
plastique, le film vaut amplement le détour... Et c'est bien
la première fois que je dis ça d'un DA en CGI de chez
Dreamworks ! De même, cette fois-ci, on n'a pas l'impression
de voir une histoire prétexte à déluge de gags
ronge crâne mais un film dans lequel l'humour (certes pas
toujours fin mais souvent efficace) est, pour la plupart du temps,
au service de l'histoire racontée. Puisqu'on y est, venons
en au scénario qui se révèle être le
point faible du film. Si l'on excepte Po, notre gros Panda de
héros, les protagonistes sont à peine
esquissés et ne vont guère plus loin que leur
fonction première (en espérant qu'ils se montrent un
poil plus développés dans une éventuelle
suite)... Dommage car rien que leur design, leurs expressions et
leur gestuelle parviennent à les rendre un minimum
attachants (bien qu'ils soient, pour la plupart, montrés
comme antipathiques durant une bonne partie du métrage). Le
récit, grâce à son rythme bien
géré, se suit certes sans déplaisir mais il
faut avouer que c'est quand même archi-basique et
prévisible dans le genre récit d'apprentissage. Plus
que dans la structure globale (on ne peut plus balisée),
c'est dans les petits détails que Osborne et Stevenson
parviennent à remporter l'adhésion (l'idée,
savoureusement absurde, de faire de Po le fils d'un canard sans que
cela ne choque personne).
...Au rayon des bonnes surprises, signalons la quasi absence de
gags référentiels lourdement appuyés. Ok on
relève un certain nombre d'emprunts à Star Wars et, par moments Po se fend de
cris et mimiques façon Bruce Lee, mais je n'ai jamais eu
l'impression qu'on me filait des gros coups de coude dans les
côtes en me disant "Hé, t'as vu c'est comme dans [mettez
le titre du blockbuster/pub/emission de real TV de votre choix]...
Ho, ho, ho". Et y'a pas à dire, ça fait du
bien ! Bon, après il y'a quelques passages qui
évoquent certains wu-xia pian (la première apparition
de Tai Lung dans sa cellule renvoie au bad guy campé par
Yang yee kwan dans Swordsman
2 et l'ultime séquence avec le vieux maître
Oogway -très jolie scène d'ailleurs- peut faire
penser à la "mort" de Dawn dans Legend of Zu) mais vu les
références, difficile d'accuser les
réalisateurs de racoler ! Ici on sent bien plus la
volonté de placer le métrage dans un genre
précis (et donc de créer une certaine
affiliation)...Tout en rendant cela accessible à un
très large public (d'où certaines grandes lignes du
récit évoquant fortement la trilogie de George
Lucas).
Un petit regret pour finir: Le fait que le concept,
alléchant, des "arts
martiaux chinois basés sur les animaux... par les animaux
qui ont inspiré ces styles" ne soit pas plus
exploité que ça. Les créateurs du film sont
quand même passé à côté de quelque
chose. Heureusement que nombre de bonnes séquences, mises en
scène de façon dynamique, parviennent à faire
passer cette pilule... Vite fait, on citera: L'excellente
introduction en 2D (façon Genndy Tartakovsky,
créateur de Samurai
Jack), la baston sur le pont (un poil trop courte mais bien
jouissive), la scène d'entraînement où Po et
Shifu se disputent des buns, l'évasion (franchement
spectaculaire) de Tai Lung ainsi que le combat final dont la
chorégraphie, en partie basée sur l'utilisation des
objets (échasses, etc...) se trouvant dans le décor,
renvoie autant aux comédies Kung-Fu traditionnelles
signées Liu Chia-Liang qu'aux acrobaties de Jackie
Chan.
Un petit divertissement en rien révolutionnaire mais
possédant de quoi séduire l'amateur de Kung-fu comedy
et des pitreries estampillées Jack Black (ça tombe
bien, j'en suis !)
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