Le grand bond en avant de Dreamworks  posté le samedi 19 juillet 2008 13:48

Bonne surprise: le dernier né des studios Dreamworks, bien que ne rivalisant pas avec les chefs d'œuvre du studio Pixar, se révèle être à des années lumières de la nullité de leurs autres productions telles que la trilogie Shrek ou Madagascar. Déjà, visuellement, Kung-Fu Panda a juste 100 fois plus de gueule que les trucs précédemment cités: Le character design des persos s'avère, pour le coup, vraiment réussi (je kiffe les canards !) tandis que décors et couleurs flattent constamment la rétine. Rien que pour sa beauté plastique, le film vaut amplement le détour... Et c'est bien la première fois que je dis ça d'un DA en CGI de chez Dreamworks ! De même, cette fois-ci, on n'a pas l'impression de voir une histoire prétexte à déluge de gags ronge crâne mais un film dans lequel l'humour (certes pas toujours fin mais souvent efficace) est, pour la plupart du temps, au service de l'histoire racontée. Puisqu'on y est, venons en au scénario qui se révèle être le point faible du film. Si l'on excepte Po, notre gros Panda de héros, les protagonistes sont à peine esquissés et ne vont guère plus loin que leur fonction première (en espérant qu'ils se montrent un poil plus développés dans une éventuelle suite)... Dommage car rien que leur design, leurs expressions et leur gestuelle parviennent à les rendre un minimum attachants (bien qu'ils soient, pour la plupart, montrés comme antipathiques durant une bonne partie du métrage). Le récit, grâce à son rythme bien géré, se suit certes sans déplaisir mais il faut avouer que c'est quand même archi-basique et prévisible dans le genre récit d'apprentissage. Plus que dans la structure globale (on ne peut plus balisée), c'est dans les petits détails que Osborne et Stevenson parviennent à remporter l'adhésion (l'idée, savoureusement absurde, de faire de Po le fils d'un canard sans que cela ne choque personne).
...Au rayon des bonnes surprises, signalons la quasi absence de gags référentiels lourdement appuyés. Ok on relève un certain nombre d'emprunts à Star Wars et, par moments Po se fend de cris et mimiques façon Bruce Lee, mais je n'ai jamais eu l'impression qu'on me filait des gros coups de coude dans les côtes en me disant "Hé, t'as vu c'est comme dans [mettez le titre du blockbuster/pub/emission de real TV de votre choix]... Ho, ho, ho". Et y'a pas à dire, ça fait du bien ! Bon, après il y'a quelques passages qui évoquent certains wu-xia pian (la première apparition de Tai Lung dans sa cellule renvoie au bad guy campé par Yang yee kwan dans Swordsman 2 et l'ultime séquence avec le vieux maître Oogway -très jolie scène d'ailleurs- peut faire penser à la "mort" de Dawn dans Legend of Zu) mais vu les références, difficile d'accuser les réalisateurs de racoler ! Ici on sent bien plus la volonté de placer le métrage dans un genre précis (et donc de créer une certaine affiliation)...Tout en rendant cela accessible à un très large public (d'où certaines grandes lignes du récit évoquant fortement la trilogie de George Lucas).

Un petit regret pour finir: Le fait que le concept, alléchant, des "arts martiaux chinois basés sur les animaux... par les animaux qui ont inspiré ces styles" ne soit pas plus exploité que ça. Les créateurs du film sont quand même passé à côté de quelque chose. Heureusement que nombre de bonnes séquences, mises en scène de façon dynamique, parviennent à faire passer cette pilule... Vite fait, on citera: L'excellente introduction en 2D (façon Genndy Tartakovsky, créateur de Samurai Jack), la baston sur le pont (un poil trop courte mais bien jouissive), la scène d'entraînement où Po et Shifu se disputent des buns, l'évasion (franchement spectaculaire) de Tai Lung ainsi que le combat final dont la chorégraphie, en partie basée sur l'utilisation des objets (échasses, etc...) se trouvant dans le décor, renvoie autant aux comédies Kung-Fu traditionnelles signées Liu Chia-Liang qu'aux acrobaties de Jackie Chan.

Un petit divertissement en rien révolutionnaire mais possédant de quoi séduire l'amateur de Kung-fu comedy et des pitreries estampillées Jack Black (ça tombe bien, j'en suis !)

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