Enter the eagles de Corey Yuen:
Décrit par le critique David Martinez (dans feu
HKmag) comme étant le pire film hong-kongais des
années 80/90 ("Probablement le plus mauvais film produit
depuis 20 ans [...]mise à mort d'une industrie toute
entière"), Enter the eagles (AKA
And now you're dead) ne mérite pourtant pas
une telle véhémence. Le film du
chorégraphe/réalisateur Corey Yuen est juste une
petite série B sans autre prétention que de
délivrer son lot de scènes d'action too-much et bien
destroy comme il faut. Tournée à l'arrache (et
ça se voit !) dans les rues de Prague (sans doute pour
surfer sur le succès de Mission:Impossible)
et narrant une banale histoire de voleurs se disputant un objet
précieux, Enter the eagles, avouons le, ne
vole pas très haut. Bête à en chier du foin, le
scénario se limite à son pitch de départ et
côté interprétation, si l'on met de
côté le couple formé par Jordan Chan et Anita
Yuen (qui nous resérve une assez jolie scène peu
avant le climax), ça ne vaut guère mieux...Je pense
en particulier à cette ribambelle d'acteurs occidentaux
qui surjouent comme des cochons et s'avèrent incapables
d'aligner 2 mots correctement. Mis à part ça, les
effets spéciaux en image de synthèse sont cheap
à en crever (le dirigeable Acer -notez la
discrétion du placement de marques- en CGI semble avoir
été concu sur un vieil amstrad datant de l'âge
de pierre), le (sur)découpage "cache misère" de
certaines séquences spectaculaires (le crash de
l'hélico) n'a rien à envier à un Michael Bay
en pleine forme et Shannon Lee (oui, la fille de Bruce !), bien que
douée pour les scènes d'action (y'a pas à
dire, elle assure le spectacle), fait un peu peine à voir
lorsqu'elle tente de singer les mimiques de son légendaire
papa (avec une musique pompée sur le Enter the
dragon de Lalo Schiffrin à l'appui). Et pourtant,
malgré tout, j'ai pris un véritable plaisir coupable
à matter ce gros nanar sous amphètes. Bref, si on
vous dit que Enter the eagles est aussi con que
dynamique...Vous aurez vite compris qu'on ne s'ennuie pas une
seconde face à ce sommet de bourrinage "over the top"
enchaînant, à un rythme infernal (sérieux,
l'action occupe au moins 80% du métrage !), fusillades,
explosions en tout genres, cascades surréalistes et combats
relativements violents. Corey Yuen et sa bande veulent nous en
foutre plein la vue (et tout faire pêter) avec le tiers du
budget petits fours de la dernière prod' Jerry Bruckheimer
et rien, absolument rien, ne les arrêtera. Bien sûr, le
film respire le système D et n'est pas des mieux foutus
(voir les nombreux défauts énoncés ci dessus)
mais une telle générosité dans la
surrenchère "bis" aveugle ne peut qu'attirer une certaine
sympathie. Il faut voir Michael "fucking" Wong (en mode Sylvestre
de l'ex-colonie) sauter à l’élastique
d’un hélicoptère tout en canardant les ennemis
au sol. Le reste est du même acabit c'est à dire
crétin, invraissemblable, hyper bourrin, fun et sans limite.
On retiendra en particulier l'hilarant (et bien jouissif mine de
rien) climax se déroulant dans un ballon dirigeable en
vol...Et que dire si ce n'est que la dernière
séquence (sensée être tragique) avec Mike Wong
et son gros cigare vaut son pesant de cacahuètes !
Et puis quel plaisir, pour tout fan d'actionners HK
estampillés 80's, de revoir Benny -the jet- Urquidez (le
kickeur fou de Soif de justice et Dragons
forever) dans le rôle du bad-guy de service.
...Par contre j'ai pas dit qu'il jouait bien, hein !
Un vrai plaisir coupable 0% neurones 100% testostérone,
guère mieux branlé mais tellement plus fun que les
trucs que nous pond Corey Yuen depuis quelques années
(Le transporteur, So
close, Dead or alive...Berk !).
« I’ll be back from the dead and i’ll kick your ass ! »
