Zhao Bufa est le premier officier des services secrets de
l'empereur, son boulot consiste à exécuter les
opposants et ennemis du jeune et oisif souverain (qui passe son
temps à batifoler nu avec des donzelles tout autant
vêtues). Contestant un ordre impérial,
soupçonnant le perfide eunuque de vouloir "être calife
à la place du calife", il verra sa tête mise à
prix et sa femme assassinée. Pourchassé, Bufa devra
fuir avec son jeune fils Dingdong.
Réalisé en 1984, Secret service of
the imperial court est
sans conteste une des dernières grandes réussites de
la Shaw Brothers. A l'heure où la mode est aux
comédies Kung-Fu produites par la golden harvest, Tony Liu
(réalisateur du magnifiquement bis Holy flame
of the martial world) préfère lorgner du
côté du cinoche d'exploitation japonais des 70's et
livre un quasi-remake de Baby cart (comme vous
avez pu vous en rendre compte à la lecture du
résumé) !
A l'instar des aventures de notre cher "Droopy sabreur",
Secret service of the imperial court se démarque par
un "body count" tout simplement dantesque, probablement un des plus
élevès de la Shaw...Et quand on sait qu'ils ont
produit des grosses boucheries comme La rage du
tigre, Les 14 amazones ou Le
justicier de Shanghai, inutile de préciser que
ça charcle sévère ! Bref, l'ami Zhao Bufa
(campé par le charismatique Leung Kar-Yan) ne fait pas dans
la dentelle, tout comme le réalisateur, Tony Liu, qui
accompagne nombre de coups de sabre d'un gros geyser
d'hémoglobine bien rougeâtre ! Miam !
Oeuvre ultra-violente (au cas où vous n'auriez toujours pas
compris !) parsemée d'innombrables morts tragiques (la
tonalité est moins sèche et beaucoup plus
mélodramatique que dans les Baby cart) et
distillant une ambiance sombre malgré la chatoyance
habituelle des décors et costumes de la Shaw Brothers,
Secret service of the imperial court
bénéficie, malgré quelques
accélérations maladroites et 1 ou 2 effets de mauvais
goût, d'une réalisation soignée et hyper
dynamique. Dans le genre pêchu, on citera la course poursuite
/ combat dans les bois (opposant le héros à des
dizaines d'adversaires) et sa succéssion de travellings
latéraux filants à toute allure entre les arbres.
L'indéniable dynamisme de la mise en images est soutenu par
un scénario feuilletonesque riche en
rebondissements...Autant dire qu'on ne s'ennuie pas une seconde
pendant les 85 minutes de tueries diverses que nous propose Tony
Liu.
Impossible de clore cette bafouille sans parler de ce combat final
surprenant car laissant totalement de côté l'aspect
"terre à terre" des autres affrontements. Ici, le
héros et le vil eunnuque voltigent dans tous les sens et ne
touchent le sol que pour rebondir à nouveau dans les
airs...L'influence du chambarra à beau laisser place au pur
WXP aérien, ce n'est pas pour autant que le
réalisateur décide de mettre la pédale douce
sur la viande rouge, bien au contraire: Personnages
traversés de part en part, corps sectionnées en 2,
membres arrachés...Ce climax hystérique et gore
évoque fortement les délires graphiques de Ching
Siu-Tung sur Duel to the death et, surtout,
l'anthologique final de L'auberge du dragon.
Encore un excellent WXP produit par la Shaw. A conseiller avant
tout aux fans des aventures d'Ogami Itto et à tout les
barbares (j'en suis !) pour qui film de chevalerie chinoise ne rime
pas avec drapés qui voltigent au ralenti et combats "zen"
où les combattants ne font que s'effleurer à la
pointe de leur épée.
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