L'univers merveilleux du Wu-Xia Pian stabilo III: Demon of the lute  posté le dimanche 20 juillet 2008 15:32

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Un jeune forgeron, accompagné d'une poignée de personnages hauts en couleurs, tente de contrecarrer les maléfiques desseins du Démon du luth en s'emparant des armes les plus puissantes du monde (un arc magique et 3 flèches) avant que ce dernier n’y parvienne. Car en possession ce ces armes, le démon deviendrait l'être le plus puissant de l'univers (mouahahaha -rire maléfique-) et régnerait ainsi sur le Jiang Hu.

Vous aimez les WXP hystéro-gol qui filent à 100 à l'heure sans la moindre logique ? Vous aimez les scénarios bourrés de péripéties ronge cerveau et les twists improbables ? Vous aimez les gros nanars jouissifs dans lesquels le kitsch et le n'importe quoi sont érigés en valeurs suprèmes ? Si tel est le cas, Demon of the lute devrait vous intérésser tant il est symptomatique de la décadence caractérisant la fin du règne de la Shaw Brothers (en gros c'est un peu comme Buddah's palm mais en encore plus con !).
Film de fantasy pour enfants (comme en témoigne le générique de début constitué de dessins type BD sous fond de disco psychotique !) probalement réalisé sous l'influence de psychotropes, Demon of the lute ne s'encombre pas d'une quelconque recherche scénaristique ou de personnages élaborés tant tout semble balançé à la va comme je te pousse dans ce récit dénué de la moindre cohérence où les nombreux protagonistes apparaissent et disparaissent sans raison apparente et trouvent les objets magiques (tant convoités) au petit bonheur la chance. Disons le tout de suite, le script de Demon of the lute est un bordel sans nom ! Au bout d'une demi heure, on ne cherche même plus à comprendre les motivations d'untel (et pourtant l'histoire est d'une simplicité...Enfantine !) et on se contente d'admirer le spectacle hautement psychotronqiue qui s'offre à nos yeux ébahis.
Rien que la gallerie de personnages vaut son pesant de cacahuètes...Du côté des gentils on a un voleur muni de 3 bras (Philip Kwok), son fiston (un petit gamin fortiche en kung-fu: pour que le public ciblé s'identifie à un des héros), un forgeron neuneu (Chin Siu-Ho) qui fait équipe avec son chien (lui aussi forgeron donc...), un vieil ivrogne (mais en fait il s'agit d'un des plus jeunes de la bande !), une épéiste (Kara Hui) qui ne se sépare jamais de son lapin en peluche ainsi qu'un bûcheron qui trimballe son énorme tirelire en forme de cochon sous le bras (!!!).
Et en ce qui concerne les bad-guys la gallerie de portraits s'avère encore plus carnavalesque ! Etant donné qu'ils sont très nombreux, je mentionnerais juste l' hilarant homme aigle (un mec dans un costume de piaf tout pourri...On est pas loin de Richard Ng dans Mr Vampire 3, sauf que là c'est pas sensé être drôle !) sans oublier le guerrier campé par un Lee Hoi-San doté d'une magnifique chevelure rose fluo, d'une hache démesurée et d'un char tiré par des bergers allemands...Bref, tout un programme ! A vous de découvrir les autres méchants (qui possèdent tous un pouvoir spécial), ils valent le coup d'oeil, croyez moi !
Bien sûr, le film de Lung Yat-Sing ne serait pas un magnifique portnawak digne de ce nom s'il ne se déroulait pas dans des décors totalement improbables à mi chemin entre l'irresistible esthétique de studio typique de la Shaw et un décorum, on ne peut plus kitsch, constitué de petits animaux mignons (lapins, canards, etc...), de champignons géants (comme dans les schtroumphs), de grottes éclairés comme des boîtes de nuit (avec des trous dans les parois pour laisser passer les -nombreux- spots de couleur), sans oublier une forêt dans laquelle trône un magnifique squelette de dinosaure (en plastoc). Ces décors sont généralement le théatre de diverses joutes aussi surréalistes qu'hystériques où tout tourne, vole, se transforme (etc...) sans la moindre logique. On retiendra en particulier cette séquence nous montrant un des héros attaqué, respectivement, par une calèche hantée qui fait des cabrioles, des arbres vindicatifs tout droit sortis d'Evil dead et, pour finir, une sorte d'énorme boule à facettes disco...Oui, vous avez bien lu ! A ce titre on peut se demander si "disco !" n'était pas en quelque sorte le cri de ralliement sur le plateau tant tout dans ce film respire la saturday night fever, que ce soit la musique (tant qu'on y est, je mentionnerais un thème ressemblant étrangement au générique de...Saturnin ! Mais ça doit sûrement être une coin-cidence) ou bien le design, on ne peut plus psychédélique, des armes dont le désormais mythique luth magique (aux cordes faites de ligaments de dinosaure !) qui ressemble, à s'y méprendre, à un juke box couvert de petites loupiotes multicolores.
Au rayon des détails "plus nanar tu meurs" on signalera, entre autres, des scènes de comédie tellement basses du front que seuls les plus gros consommateurs d'humour cantonnais peuvent en saisir la substantifique moelle (j'avoue avoir regardé ça d'un air intérrogé sans savoir quand il fallait rire, sourire ou pleurer), des acteurs qui perdent leur postiches en temps réel et, surtout, une morale finale énoncée par...Un perroquet ! Que du beau, que du lourd...Dommage cependant qu'une une grosse baisse de régime peu avant le final vienne plomber le délire. Si le film avait duré moins d'une heure et demie il n'en aurait été que plus efficace.
...Un pur WXP psychotronique à réserver aux gros déviants qui, comme moi, applaudissent des 2 mains et des 2 pieds devant les Buddah's palm, Mighty peking man, Super inframan, Boxer's omen et autres monuments de grosse pantalonnade bis made in Shaw brothers.

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