Un jeune forgeron, accompagné d'une poignée de personnages hauts en couleurs, tente de contrecarrer les maléfiques desseins du Démon du luth en s'emparant des armes les plus puissantes du monde (un arc magique et 3 flèches) avant que ce dernier n’y parvienne. Car en possession ce ces armes, le démon deviendrait l'être le plus puissant de l'univers (mouahahaha -rire maléfique-) et régnerait ainsi sur le Jiang Hu.
Vous aimez les WXP hystéro-gol qui filent à 100
à l'heure sans la moindre logique ? Vous aimez les
scénarios bourrés de péripéties ronge
cerveau et les twists improbables ? Vous aimez les gros nanars
jouissifs dans lesquels le kitsch et le n'importe quoi sont
érigés en valeurs suprèmes ? Si tel est le
cas, Demon of the
lute devrait vous intérésser tant il est
symptomatique de la décadence caractérisant la fin du
règne de la Shaw Brothers (en gros c'est un peu comme
Buddah's palm mais en encore plus con !).
Film de fantasy pour enfants (comme en témoigne le
générique de début constitué de dessins
type BD sous fond de disco psychotique !) probalement
réalisé sous l'influence de psychotropes,
Demon of the
lute ne s'encombre pas d'une quelconque recherche
scénaristique ou de personnages élaborés tant
tout semble balançé à la va comme je te pousse
dans ce récit dénué de la moindre
cohérence où les nombreux protagonistes apparaissent
et disparaissent sans raison apparente et trouvent les objets
magiques (tant convoités) au petit bonheur la chance. Disons
le tout de suite, le script de Demon of
the lute est un bordel
sans nom ! Au bout d'une demi heure, on ne cherche même plus
à comprendre les motivations d'untel (et pourtant l'histoire
est d'une simplicité...Enfantine !) et on se contente
d'admirer le spectacle hautement psychotronqiue qui s'offre
à nos yeux ébahis.
Rien que la gallerie de personnages vaut son pesant de
cacahuètes...Du côté des gentils on a un voleur
muni de 3 bras (Philip Kwok), son fiston (un petit gamin fortiche
en kung-fu: pour que le public ciblé s'identifie à un
des héros), un forgeron neuneu (Chin Siu-Ho) qui fait
équipe avec son chien (lui aussi forgeron donc...), un vieil
ivrogne (mais en fait il s'agit d'un des plus jeunes de la bande
!), une épéiste (Kara Hui) qui ne se sépare
jamais de son lapin en peluche ainsi qu'un bûcheron qui
trimballe son énorme tirelire en forme de cochon sous le
bras (!!!).
Et en ce qui concerne les bad-guys la gallerie de portraits
s'avère encore plus carnavalesque ! Etant donné
qu'ils sont très nombreux, je mentionnerais juste l'
hilarant homme aigle (un mec dans un costume de piaf tout
pourri...On est pas loin de Richard Ng dans Mr Vampire
3, sauf que là c'est pas sensé être
drôle !) sans oublier le guerrier campé par un Lee
Hoi-San doté d'une magnifique chevelure rose fluo, d'une
hache démesurée et d'un char tiré par des
bergers allemands...Bref, tout un programme ! A vous de
découvrir les autres méchants (qui possèdent
tous un pouvoir spécial), ils valent le coup d'oeil, croyez
moi !
Bien sûr, le film de Lung Yat-Sing ne serait pas un
magnifique portnawak digne de ce nom s'il ne se déroulait
pas dans des décors totalement improbables à mi
chemin entre l'irresistible esthétique de studio typique de
la Shaw et un décorum, on ne peut plus kitsch,
constitué de petits animaux mignons (lapins, canards,
etc...), de champignons géants (comme dans les schtroumphs),
de grottes éclairés comme des boîtes de nuit
(avec des trous dans les parois pour laisser passer les -nombreux-
spots de couleur), sans oublier une forêt dans laquelle
trône un magnifique squelette de dinosaure (en plastoc). Ces
décors sont généralement le théatre de
diverses joutes aussi surréalistes qu'hystériques
où tout tourne, vole, se transforme (etc...) sans la moindre
logique. On retiendra en particulier cette séquence nous
montrant un des héros attaqué, respectivement, par
une calèche hantée qui fait des cabrioles, des arbres
vindicatifs tout droit sortis d'Evil dead et, pour
finir, une sorte d'énorme boule à facettes
disco...Oui, vous avez bien lu ! A ce titre on peut se demander si
"disco !" n'était pas en quelque sorte le cri de ralliement
sur le plateau tant tout dans ce film respire la saturday night
fever, que ce soit la musique (tant qu'on y est, je
mentionnerais un thème ressemblant étrangement au
générique de...Saturnin ! Mais
ça doit sûrement être une coin-cidence)
ou bien le design, on ne peut plus psychédélique, des
armes dont le désormais mythique luth magique (aux cordes
faites de ligaments de dinosaure !) qui ressemble, à s'y
méprendre, à un juke box couvert de petites loupiotes
multicolores.
Au rayon des détails "plus nanar tu meurs" on signalera,
entre autres, des scènes de comédie tellement basses
du front que seuls les plus gros consommateurs d'humour cantonnais
peuvent en saisir la substantifique moelle (j'avoue avoir
regardé ça d'un air intérrogé sans
savoir quand il fallait rire, sourire ou pleurer), des acteurs qui
perdent leur postiches en temps réel et, surtout, une morale
finale énoncée par...Un perroquet ! Que du beau, que
du lourd...Dommage cependant qu'une une grosse baisse de
régime peu avant le final vienne plomber le délire.
Si le film avait duré moins d'une heure et demie il n'en
aurait été que plus efficace.
...Un pur WXP psychotronique à réserver aux gros
déviants qui, comme moi, applaudissent des 2 mains et des 2
pieds devant les Buddah's palm, Mighty
peking man, Super inframan,
Boxer's omen et autres monuments de grosse
pantalonnade bis made in Shaw brothers.
