L'univers merveilleux du Wu-Xia Pian stabilo II: Holy flame of the martial world  posté le dimanche 20 juillet 2008 15:23

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Sept Clans, à recherche d’une arme magique et surpuissante, s'allient et assassinent un couple de maîtres en arts martiaux pour s'en emparer. Seuls les 2 enfants (un garçon et une fille) sont épargnés. 18 ans plus tard, le garçon (Max Mok), élevé par le vieux maître qui l’a sauvé (Philip Kwok), est chargé par ce dernier de retrouver la fameuse arme que ses parents avaient caché...Mais le parcours et semé d'embûches (bains d'acide, idéogrammes vindicatifs, etc...)

Amateurs de wu-xia pian psychotroniques made in Shaw brothers, nous allons une nouvelle fois parler d’une petite perle déviante produite par la firme durant les glorieuses eighties (quoique, financièrement parlant, c’était pas top moumoute les années 80 pour la Shaw !). Film de fantasy flashy et virevoltant, Holy flame of the martial world se situe dans la droite lignée des Buddah’s palm et autres Demon of the lute. Mais bien que tout aussi barré en coui…enfin en sucette (restons polis et courtois), le film qui nous intéresse se révèle tout de même un poil plus maîtrisé (c’est pas du Chu Yuan de la grande époque non plus, hein). Disons que contrairement aux deux WXP sous ecsta précités, celui ci possède des chorégraphies plus soignées (dont certains combats « traditionnels » plutôt bien menés) et un script à peu près écrit…Sans grande originalité certes, mais compréhensible du début à la fin sans que notre cerveau, réduit à l’état liquide, nous sorte par les oreilles une fois la projection terminée.
Mais bon, on s’en bat un peu la couenne du scénario non ? Ce qui importe ici (comme dans tout psycho WXP qui se respecte) c’est le rythme, la folie, les idées déjantées en rafale…Et force est d’avouer que sur ce point là on est plus que servis.
Impossible de s’ennuyer (ou même de souffler) une seconde tant le film enchaîne les séquences complètement barrées à un rythme qui force le respect. Et il faut dire que la réalisation « speedée » (doux euphémisme) de Tony Liu ne fait que renforcer la frénésie ambiante, tant le réalisateur de l’excellent Secret service of the impérial court (du Baby cart à la sauce HK) abuse d’accélérés, de travellings circulaires (en fast-motion bien sûr) et de jump-cuts à tout va (souvent accompagnés de bruitages über kitsch) dans le but de dynamiser des séquences d’actions qui finissent par ressembler à du pur délire hautement hallucinatoire à base de combattants qui volent sans discontinuer (encore plus que dans Zu !), de rayons d’énergie (incrustés sur la pellicule) et autres armes magiques qui font pêter la moitié du décor quand ils ne transforment pas les pauvres victimes en squelettes fumants (Mars attacks style !).
...Si vous voulez voir un film où le héros affronte des idéogrammes volants, où des peintures représentant des guerriers prennent vie, où les méchants finissent écrasés par des armes magiques transformées en tapettes géantes (oui, comme dans le film des nuls !), où l’on déclenche de véritables tempêtes en se poilant comme de grosses otaries (sublime idée que cette technique du « rire fantôme » enseignée au héros par son vieux maître, campé par l’incontournable Philip Kwok, décidement abonné à la déjante bis), où l’on affronte une ribambelle de vilains suceurs de sang fringués comme pour halloween (dont un démon vert, portant un masque de catcheur, qui éructe en anglais !!!) et où on se combat à grand renfort de boules à facettes magiques (ben ouais, c’était la mode à l’époque)...N’hésitez plus, Holy flame of the martial world devrait combler vos attentes de bisseux à la recherche d'objets drôles z'et décalés.
…Pour achever de vous convaincre de voir ce Citizen Kane du Wu-Xia pian stabilo (comment ça j'en fait un peu trop ?), je rajouterais que la plupart des combats sont accompagnés d’un magnifique thème martialo-disco-pouêt pouêt qui trotte dans la tête du spectateur jusqu'à la fin de ses jours. Ca fait envie, non ?
En résumé, Holy flame of the martial world c’est des décors aussi kitsch que fantasmagoriques, des bastons homérico-hystériques à base de trucages désuets, des vilains aussi démoniaques que cabotins, un héros au cœur pur et au look des plus improbables (entre Tarzan et un clone foireux d’Elvis) et surtout du fun en pagaille et un rythme de fou furieux pour ce magnifique sommet de n’importe quoi jouissif où le gros bis qui tâche possède un charme, une poésie, qui n’est pas sans rappeler le cinéma des origines.
Bref,comme dirait Omar Sharif : « Le WXP psychotronique c’est mon dada » (si, si, je vous assure !)

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