Sept Clans, à recherche d’une arme magique et surpuissante, s'allient et assassinent un couple de maîtres en arts martiaux pour s'en emparer. Seuls les 2 enfants (un garçon et une fille) sont épargnés. 18 ans plus tard, le garçon (Max Mok), élevé par le vieux maître qui l’a sauvé (Philip Kwok), est chargé par ce dernier de retrouver la fameuse arme que ses parents avaient caché...Mais le parcours et semé d'embûches (bains d'acide, idéogrammes vindicatifs, etc...)
Amateurs de wu-xia pian psychotroniques made in Shaw brothers,
nous allons une nouvelle fois parler d’une petite perle
déviante produite par la firme durant les glorieuses
eighties (quoique, financièrement parlant,
c’était pas top moumoute les années 80 pour la
Shaw !). Film de fantasy flashy et virevoltant, Holy flame
of the martial world se situe dans la droite lignée
des Buddah’s palm et autres Demon of
the lute. Mais bien que tout aussi barré en
coui…enfin en sucette (restons polis et courtois), le film
qui nous intéresse se révèle tout de
même un poil plus maîtrisé (c’est pas du
Chu Yuan de la grande époque non plus, hein). Disons que
contrairement aux deux WXP sous ecsta précités, celui
ci possède des chorégraphies plus soignées
(dont certains combats « traditionnels » plutôt
bien menés) et un script à peu près
écrit…Sans grande originalité certes, mais
compréhensible du début à la fin sans que
notre cerveau, réduit à l’état liquide,
nous sorte par les oreilles une fois la projection
terminée.
Mais bon, on s’en bat un peu la couenne du scénario
non ? Ce qui importe ici (comme dans tout psycho WXP qui se
respecte) c’est le rythme, la folie, les idées
déjantées en rafale…Et force est
d’avouer que sur ce point là on est plus que
servis.
Impossible de s’ennuyer (ou même de souffler) une
seconde tant le film enchaîne les séquences
complètement barrées à un rythme qui force le
respect. Et il faut dire que la réalisation «
speedée » (doux euphémisme) de Tony Liu ne fait
que renforcer la frénésie ambiante, tant le
réalisateur de l’excellent Secret service of
the impérial court (du Baby cart
à la sauce HK) abuse d’accélérés,
de travellings circulaires (en fast-motion bien sûr) et de
jump-cuts à tout va (souvent accompagnés de bruitages
über kitsch) dans le but de dynamiser des séquences
d’actions qui finissent par ressembler à du pur
délire hautement hallucinatoire à base de combattants
qui volent sans discontinuer (encore plus que dans
Zu !), de rayons d’énergie
(incrustés sur la pellicule) et autres armes magiques qui
font pêter la moitié du décor quand ils ne
transforment pas les pauvres victimes en squelettes fumants
(Mars attacks style !).
...Si vous voulez voir un film où le héros affronte
des idéogrammes volants, où des peintures
représentant des guerriers prennent vie, où les
méchants finissent écrasés par des armes
magiques transformées en tapettes géantes (oui, comme
dans le film des nuls !), où l’on déclenche de
véritables tempêtes en se poilant comme de grosses
otaries (sublime idée que cette technique du « rire
fantôme » enseignée au héros par son
vieux maître, campé par l’incontournable Philip
Kwok, décidement abonné à la déjante
bis), où l’on affronte une ribambelle de vilains
suceurs de sang fringués comme pour halloween (dont un
démon vert, portant un masque de catcheur, qui éructe
en anglais !!!) et où on se combat à grand renfort de
boules à facettes magiques (ben ouais, c’était
la mode à l’époque)...N’hésitez
plus, Holy flame of the martial world devrait
combler vos attentes de bisseux à la recherche d'objets
drôles z'et décalés.
…Pour achever de vous convaincre de voir ce Citizen
Kane du Wu-Xia pian stabilo (comment ça j'en fait
un peu trop ?), je rajouterais que la plupart des combats sont
accompagnés d’un magnifique thème
martialo-disco-pouêt pouêt qui trotte dans la
tête du spectateur jusqu'à la fin de ses jours. Ca
fait envie, non ?
En résumé, Holy flame of the martial
world c’est des décors aussi kitsch que
fantasmagoriques, des bastons homérico-hystériques
à base de trucages désuets, des vilains aussi
démoniaques que cabotins, un héros au cœur pur
et au look des plus improbables (entre Tarzan et un clone foireux
d’Elvis) et surtout du fun en pagaille et un rythme de fou
furieux pour ce magnifique sommet de n’importe quoi jouissif
où le gros bis qui tâche possède un charme, une
poésie, qui n’est pas sans rappeler le cinéma
des origines.
Bref,comme dirait Omar Sharif : « Le WXP psychotronique
c’est mon dada » (si, si, je vous assure !)