L'univers merveilleux du Wu-Xia Pian stabilo I: Hidden power of the dragon sabre  posté le dimanche 20 juillet 2008 15:17

brothers, chu, lung, sf, shaw, spfx, ti, wu-xia, yuan

Tandis que la dynastie Ming vient de naître, un guerrier aux desseins maléfiques capable de changer de visage s'approprie peu à peu les techniques de chaque clan afin de devenir invincible, puis gagne la confiance de l'empereur (Ku Feng) dans le but de régner dans l'ombre. Deux valeureux guerriers, l'un chef des Mongols (Ti Lung), et l'autre chef de la secte Ming (Derek Yee) vont devoir faire fi de l'animosité qui les oppose afin de vaincre le dangereux manipulateur.

Bien qu’assez peu réputé dans la labyrinthique filmographie de Chu Yuan, Hidden power of dragon sabre (suite des deux Heaven sword and dragon sabre) est un Wu-Xia Pian fantaisiste typique des dernières heures de la Shaw qui, pour de nombreuses raisons, mérite toute notre attention. La principale d‘entre elles est qu‘il s’agit du dernier film de sabre réalisé par le maître, une ultime plongée dans cette Chine de contes et de légendes qui nous aura tant fait rêver avant de faire ses adieux aux studios de clearwater bay. Et à la vue de l’objet on peut affirmer que le maître du WXP tortueux a tourné la page avec panache…Non pas que Hidden power of dragon sabre figure parmi ses plus grandes réussites (il est bien trop imparfait pour ça), ni même qu’on puisse le voir comme une synthèse de ses années Shaw brothers (du moins dans le registre du film de chevalerie)…Disons que le métrage qui nous intéresse à présent est tout simplement le film le plus généreux de son auteur en termes d‘action et de délires graphiques.
Ici Chu Yuan laisse de côté les intrigues à tiroirs chères à Gu Long pour s’intéresser à Jin Yong, un autre auteur wu-xia massivement adapté au cinéma…Ce qui explique peut être un script plus simple et moins alambiqué qu’a l’accoutumée. On y retrouve certes les complots et autres retournements de situation de rigueur , mais contrairement à des classiques tels que La guerre des clans ou Le tigre de jade, le scénario est ici réduit à son strict minimum. Chu Yuan, pourtant coutumier d’un rythme vif et alerte, ne prend même plus le temps de se poser pour raconter son histoire où développer un minimum ses personnages…Non, il fonce pied au plancher du début à la fin dans le seul but d’en foutre plein la vue au spectateur ébahi devant ce récit hystérique carburant à la testostérone de taureau non coupée. Dans Hidden power of dragon sabre il ne se déroule jamais 2 minutes sans que les personnages affrontent un groupe d’ennemis ou tombent dans un piège vicelard, quand ils ne sont pas surpris par une explosion ou mieux, une véritable pluie de rayons lasers colorés (voire le final ,bourré d’effets spéciaux, qui pousse dans ses derniers retranchements ce sous genre hautement salutaire qu’est le « WXP stabilo » type Holy flame of the martial world).
Non content de nous abreuver jusqu’à plus soif de combats et de péripéties en tout genres, le réalisateur de The magic blade tente un « crossover » maladroit mais jouissif entre récit médiéval et science-fiction. Résultat: Au détour de certains plans, les protagonistes évoluent dans des décors qui semblent tout droits sortis d'un volet de la saga Star Wars. On retiendra en particulier ce tunnel évoquant fortement l‘intérieur de l‘étoile noire. L’irruption du genre SF est d’autant plus surprenante qu’elle ne semble jamais justifiée et, par conséquent, tombe souvent comme un cheveu sur la soupe. Mais ce parti pris demeure toutefois intéressant (à défaut d’être réussi) car à ma connaissance Chu Yuan est, avec Jeff Lau ( et son récent Chinese tall story), le seul réalisateur à avoir tenté le grand écart entre Wu-Xia et science fiction.
Vous aurez donc compris que Hidden power of dragon sabre est un véritable feu d’artifice haut en couleurs dans lequel la notion de spectacle total l’emporte haut la main sur celle de cohérence. Dans le cas présent, le fait d'être complètement foutraque n'empêche jamais le film de faire preuve d’une très grande beauté plastique. Bien que le scénario soit littéralement réduit en cendres, Chu Yuan est loin d’en faire de même concernant l’esthétique. Bien au contraire, sur le plan de la magnificence visuelle, cet adieu au film de sabre n’a rien à envier aux précédents chefs d’œuvres du maître tant les compostions picturales (baignées d’une photogaphie vive et colorée tout simplement superbe) s’avèrent soignées et les décors en studio sans cesse magnifiés…Ce qui fait de Hidden power of dragon sabre un des plus beaux WXP psychotroniques jamais tournés (enfin parmi ceux que j’ai eu l’occasion de voir). Et qui dit Wu-xia psychotronique dit délires en tous genres. Et même si, dans le domaine du gros pêtage de plombs démentiel, il n'égale pas des fleurons du genre tels que Buddah’s palm ou Holy flame of the martial world, le film de Chu Yuan comprend son lot de perles savoureusement bis comme en témoigne cette séquence d’explosions en série de moines en mousse ou ce combattant aveugle, aux réflexes et à l'odorat sur-aiguisés, qui se déplace uniquement sous terre pour ainsi surgir du sol et prendre son adversaire au dépourvu. Le quota « psycho » est aussi assuré par une bonne galerie de vilains folkloriques (hélàs trop peu présents à l’écran pour la plupart) et des chorégraphies aériennes pas toujours maîtrisées mais rehaussés par une avalanche de super-pouvoirs fluos ou autres champs de force coloriés à même la pellicule. Cependant, l’élément le plus marquant de Hidden power of dragon sabre demeure sans conteste sans ce guerrier androgyne surpuissant, (oui, 8 ans avant Swordsman 2 !) campé par un Alex Man survolté, dont le corps, les vêtements et le visage sont partagés en deux parties façon « double face » dans Batman. Un côté homme, un côté femme…Autant dire qu’avec une telle idée, le père Chu s’en donne à cœur joie dans l’utilisation du champ/contre champ.
Par contre, contrairement à Alex Man, les autres têtes d'affiche semblent très peu concernées par leur rôle. Cherie Cheung et Derek Yee gardent un même air absent durant l’intégralité du métrage tandis que Ti Lung, dans la peau d’un valeureux guerrier mongol, se repose sur son charisme naturel. Mais vu l’absence de profondeur de leur personnages ce n’est guère étonnant.
Bien que plutôt faiblard sur le plan du jeu d’acteurs et du scénario, Hidden power of dragon sabre reste un WXP débordant de générosité et d’idées à un tel point que ces dernières ne fonctionnent pas toujours (je me demande encore ce que viennent faire les décors à la Star Wars)…Mais un joyeux bordel fantaisiste, énergique et hautement divertissant comme celui-ci ne peut que séduire l'amateur d’aventures « sérialesques », surtout quand il est réalisé par un Chu Yuan complètement fondu du ciboulot (par moments on se demanque quand même s'il sait ce qu'il fait !) et en pleine possession de ses moyens plastiques.


Partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.107.191.112) pour vous identifier.     

Aucun commentaire pour l'article:
L'univers merveilleux du Wu-Xia Pian stabilo I: Hidden power of the dragon sabre