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Un inspecteur de police (Melvin Wong)
contacte un as de la cambriole (Alan Tang) et lui demande, en
échange d'une grosse récompense,de voler une boite
dans le département de Police. Cette opération aurait
pour but de vérifier si la sécurité est bonne.
Alan accepte le deal et, pour mener à bien cette mission,
fait appel à 6 personnages pour le moins
délurés ayant chacun une technique bien
particulière...
Réalisé par ce gros tâcheron de
Clarence Ford (Naked killer, Dragon from
Russia… Ah oui quand même !),
Black panther warriors est un beau portnawak
hystérique, typique de la première moitié des
90’s, que l’on pourrait décrire comme
étant une comédie grasse mixée à un
« caper movie » et mâtinée de wu-xia pian
contemporain (les persos se battent dans les airs et
possèdent des attaques spéciales dignes d’un
jeu vidéo estampillé snk/capcom).
Black panther warriors s’inscrit
pleinement dans la mode éphémère des
comic-books live, lorgnant fortement du côté du
revival du film de sabre, à laquelle appartiennent des
métrages tels que Heroïc trio et sa
suite ou Savior of the soul (d’ailleurs le
look de Tony Leung kar-fai évoque énormément
celui Andy Lau dans le film susnommé). Deux métrages
qui peuvent sembler d’une sobriété et
d’une austérité quasi monacale comparés
à celui de Clarence Ford. C’est dire si ce dernier va
loin dans le délire ! Sur le plan de l’humour
crétinoïde et ronge crâne, Black panther
warriors rivaliserait presque avec ce sommet
d’humour fin et « Lubitschien » qu’est
Future cops (le Street fighter de
Wong Jing). On y croise, entre autres, un Tony Leung Kar-Fai dans
la peau d’un dragueur neuneu qui passe toute la
première bobine du film à se déplacer en
faisant des cabrioles, quand il ne s'enfuit en courant (et en
hurlant) dès qu'une personne se met à parler en
mandarin ! N’oublions pas non plus la prestation de Simon Yam
qui passe son temps à frimer en faisant des figures
impossibles avec un jeu de cartes (lors d’une séquence
de dialogue il lance régulièrement une carte qui, tel
un boomerang, lui revient toujours dans la main… Ne me
demandez pas l’utilité de ce genre de trucs !). Dicky
Cheung, quand à lui, explose le quota de «
couilloneries » en campant un génie informatique
(rappeur à ses heures perdues !) qui devient débile,
et se met à baver partout, quand on lui enlève sa
tétine de la bouche (lors d’une séquence
« mémorable » il tête Simon Yam !).
Finalement on se demande bien ce que fout Lin Chin-Hsia dans ce
bordel (bien que ce ne soit pas le premier portnawak dans lequel
elle ait jouée). Surtout que, contrairement aux cabots
cités ci dessus, elle se montre toujours aussi classe et
semble toute droit sortie d’un WXP type Swordsman
2 ou Deadful melody. Un peu de
grâce dans un monde de débiles quoi…
Black panther warriors ne serait pas le
délire sous acides qu’il est sans son découpage
hystérique (et hasardeux) qui, en plus de faire saigner
l’œil du spectateur lambda (Bay c‘est du
Tarkovski à côté !), renforce le
n’importe quoi généralisé des
séquences d‘action sur-câblées durant
lesquelles tout pète dans tous les sens et défie les
lois de la gravité (même les armes à feu
tournoient autour des personnages !). Et je n'ai pas encore
parlé de la très élégante (hum) mise en
images constituée majoritairement de plongées et
contre plongées extrêmes (shootées au grand
angle, oeuf course !), de cadrages biscornus (la caméra est
de traviole sur 99,9% des plans)… Le tout dans des
décors art déco du « meilleur »
goût ! En fait le film ressemble à une grosse
caricature du cinoche d’exploit’ HK du début des
années 90... C’est dire si le Clarence Ford pousse le
bouchon loin, très loin ! Pour finir, impossible de ne pas
mentionner la bande originale « héroïco-cheapos
» dont le thème principal ,évoquant fortement
celui de God of gamblers (les 2 scores sont
signés Lowell Lo), décuple le l’aspect fun de
certaines séquences (je pense en particulier au passage
où Tony Leung Kar-Fai, en mode Rambo,
mitraille des dizaines de porte-flingues qui se déplacent
suspendus à des fils électriques).
…Je ne saurais conseiller ce métrage qu’aux
curieux, et un peu masos sur les bords, voulant explorer les
tréfonds du cinoche HK (comme je le disais
précédemment, c’est débile et ronge
crâne à un point quasi inimaginable), mais, pour ma
part, je dois avouer (avec un chouilla de honte) que je me suis
bien marré.
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Sanju
dim 20 jui 2008 14:53