Humour cantonnais pour palais pervertis PARTIE I : Black Panther Warriors.  posté le samedi 19 juillet 2008 15:15

clarence ford, exploitation, gunfight, hk, kung fu, lin ching-hsia, simon yam, tony leung, wong jing, wu-xia

Un inspecteur de police (Melvin Wong) contacte un as de la cambriole (Alan Tang) et lui demande, en échange d'une grosse récompense,de voler une boite dans le département de Police. Cette opération aurait pour but de vérifier si la sécurité est bonne. Alan accepte le deal et, pour mener à bien cette mission, fait appel à 6 personnages pour le moins délurés ayant chacun une technique bien particulière...

Réalisé par ce gros tâcheron de Clarence Ford (Naked killer, Dragon from Russia… Ah oui quand même !), Black panther warriors est un beau portnawak hystérique, typique de la première moitié des 90’s, que l’on pourrait décrire comme étant une comédie grasse mixée à un « caper movie » et mâtinée de wu-xia pian contemporain (les persos se battent dans les airs et possèdent des attaques spéciales dignes d’un jeu vidéo estampillé snk/capcom). Black panther warriors s’inscrit pleinement dans la mode éphémère des comic-books live, lorgnant fortement du côté du revival du film de sabre, à laquelle appartiennent des métrages tels que Heroïc trio et sa suite ou Savior of the soul (d’ailleurs le look de Tony Leung kar-fai évoque énormément celui Andy Lau dans le film susnommé). Deux métrages qui peuvent sembler d’une sobriété et d’une austérité quasi monacale comparés à celui de Clarence Ford. C’est dire si ce dernier va loin dans le délire ! Sur le plan de l’humour crétinoïde et ronge crâne, Black panther warriors rivaliserait presque avec ce sommet d’humour fin et « Lubitschien » qu’est Future cops (le Street fighter de Wong Jing). On y croise, entre autres, un Tony Leung Kar-Fai dans la peau d’un dragueur neuneu qui passe toute la première bobine du film à se déplacer en faisant des cabrioles, quand il ne s'enfuit en courant (et en hurlant) dès qu'une personne se met à parler en mandarin ! N’oublions pas non plus la prestation de Simon Yam qui passe son temps à frimer en faisant des figures impossibles avec un jeu de cartes (lors d’une séquence de dialogue il lance régulièrement une carte qui, tel un boomerang, lui revient toujours dans la main… Ne me demandez pas l’utilité de ce genre de trucs !). Dicky Cheung, quand à lui, explose le quota de « couilloneries » en campant un génie informatique (rappeur à ses heures perdues !) qui devient débile, et se met à baver partout, quand on lui enlève sa tétine de la bouche (lors d’une séquence « mémorable » il tête Simon Yam !).
Finalement on se demande bien ce que fout Lin Chin-Hsia dans ce bordel (bien que ce ne soit pas le premier portnawak dans lequel elle ait jouée). Surtout que, contrairement aux cabots cités ci dessus, elle se montre toujours aussi classe et semble toute droit sortie d’un WXP type Swordsman 2 ou Deadful melody. Un peu de grâce dans un monde de débiles quoi…
Black panther warriors ne serait pas le délire sous acides qu’il est sans son découpage hystérique (et hasardeux) qui, en plus de faire saigner l’œil du spectateur lambda (Bay c‘est du Tarkovski à côté !), renforce le n’importe quoi généralisé des séquences d‘action sur-câblées durant lesquelles tout pète dans tous les sens et défie les lois de la gravité (même les armes à feu tournoient autour des personnages !). Et je n'ai pas encore parlé de la très élégante (hum) mise en images constituée majoritairement de plongées et contre plongées extrêmes (shootées au grand angle, oeuf course !), de cadrages biscornus (la caméra est de traviole sur 99,9% des plans)… Le tout dans des décors art déco du « meilleur » goût ! En fait le film ressemble à une grosse caricature du cinoche d’exploit’ HK du début des années 90... C’est dire si le Clarence Ford pousse le bouchon loin, très loin ! Pour finir, impossible de ne pas mentionner la bande originale « héroïco-cheapos » dont le thème principal ,évoquant fortement celui de God of gamblers (les 2 scores sont signés Lowell Lo), décuple le l’aspect fun de certaines séquences (je pense en particulier au passage où Tony Leung Kar-Fai, en mode Rambo, mitraille des dizaines de porte-flingues qui se déplacent suspendus à des fils électriques).

…Je ne saurais conseiller ce métrage qu’aux curieux, et un peu masos sur les bords, voulant explorer les tréfonds du cinoche HK (comme je le disais précédemment, c’est débile et ronge crâne à un point quasi inimaginable), mais, pour ma part, je dois avouer (avec un chouilla de honte) que je me suis bien marré.

 

 

Partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.107.191.114) pour vous identifier.     

Tous les commentaires de l'article:
Humour cantonnais pour palais pervertis PARTIE I : Black Panther Warriors.

  • Sanju

    dim 20 jui 2008 14:53

    Voilà, c'est corrigé !
    (je suis un gros noob... C'est le première fois que j'utilise ce genre d'interface !)

  • ygrael

    sam 19 jui 2008 15:29

    ça a l'air interessant mais il y a comme qui dirai un petit problème d'affichage