L'univers merveilleux du Wu-Xia Pian stabilo I: Hidden power of the dragon sabre  posté le dimanche 20 juillet 2008 15:17

Tandis que la dynastie Ming vient de naître, un guerrier aux desseins maléfiques capable de changer de visage s'approprie peu à peu les techniques de chaque clan afin de devenir invincible, puis gagne la confiance de l'empereur (Ku Feng) dans le but de régner dans l'ombre. Deux valeureux guerriers, l'un chef des Mongols (Ti Lung), et l'autre chef de la secte Ming (Derek Yee) vont devoir faire fi de l'animosité qui les oppose afin de vaincre le dangereux manipulateur.

Bien qu’assez peu réputé dans la labyrinthique filmographie de Chu Yuan, Hidden power of dragon sabre (suite des deux Heaven sword and dragon sabre) est un Wu-Xia Pian fantaisiste typique des dernières heures de la Shaw qui, pour de nombreuses raisons, mérite toute notre attention. La principale d‘entre elles est qu‘il s’agit du dernier film de sabre réalisé par le maître, une ultime plongée dans cette Chine de contes et de légendes qui nous aura tant fait rêver avant de faire ses adieux aux studios de clearwater bay. Et à la vue de l’objet on peut affirmer que le maître du WXP tortueux a tourné la page avec panache…Non pas que Hidden power of dragon sabre figure parmi ses plus grandes réussites (il est bien trop imparfait pour ça), ni même qu’on puisse le voir comme une synthèse de ses années Shaw brothers (du moins dans le registre du film de chevalerie)…Disons que le métrage qui nous intéresse à présent est tout simplement le film le plus généreux de son auteur en termes d‘action et de délires graphiques.
Ici Chu Yuan laisse de côté les intrigues à tiroirs chères à Gu Long pour s’intéresser à Jin Yong, un autre auteur wu-xia massivement adapté au cinéma…Ce qui explique peut être un script plus simple et moins alambiqué qu’a l’accoutumée. On y retrouve certes les complots et autres retournements de situation de rigueur , mais contrairement à des classiques tels que La guerre des clans ou Le tigre de jade, le scénario est ici réduit à son strict minimum. Chu Yuan, pourtant coutumier d’un rythme vif et alerte, ne prend même plus le temps de se poser pour raconter son histoire où développer un minimum ses personnages…Non, il fonce pied au plancher du début à la fin dans le seul but d’en foutre plein la vue au spectateur ébahi devant ce récit hystérique carburant à la testostérone de taureau non coupée. Dans Hidden power of dragon sabre il ne se déroule jamais 2 minutes sans que les personnages affrontent un groupe d’ennemis ou tombent dans un piège vicelard, quand ils ne sont pas surpris par une explosion ou mieux, une véritable pluie de rayons lasers colorés (voire le final ,bourré d’effets spéciaux, qui pousse dans ses derniers retranchements ce sous genre hautement salutaire qu’est le « WXP stabilo » type Holy flame of the martial world).
Non content de nous abreuver jusqu’à plus soif de combats et de péripéties en tout genres, le réalisateur de The magic blade tente un « crossover » maladroit mais jouissif entre récit médiéval et science-fiction. Résultat: Au détour de certains plans, les protagonistes évoluent dans des décors qui semblent tout droits sortis d'un volet de la saga Star Wars. On retiendra en particulier ce tunnel évoquant fortement l‘intérieur de l‘étoile noire. L’irruption du genre SF est d’autant plus surprenante qu’elle ne semble jamais justifiée et, par conséquent, tombe souvent comme un cheveu sur la soupe. Mais ce parti pris demeure toutefois intéressant (à défaut d’être réussi) car à ma connaissance Chu Yuan est, avec Jeff Lau ( et son récent Chinese tall story), le seul réalisateur à avoir tenté le grand écart entre Wu-Xia et science fiction.
Vous aurez donc compris que Hidden power of dragon sabre est un véritable feu d’artifice haut en couleurs dans lequel la notion de spectacle total l’emporte haut la main sur celle de cohérence. Dans le cas présent, le fait d'être complètement foutraque n'empêche jamais le film de faire preuve d’une très grande beauté plastique. Bien que le scénario soit littéralement réduit en cendres, Chu Yuan est loin d’en faire de même concernant l’esthétique. Bien au contraire, sur le plan de la magnificence visuelle, cet adieu au film de sabre n’a rien à envier aux précédents chefs d’œuvres du maître tant les compostions picturales (baignées d’une photogaphie vive et colorée tout simplement superbe) s’avèrent soignées et les décors en studio sans cesse magnifiés…Ce qui fait de Hidden power of dragon sabre un des plus beaux WXP psychotroniques jamais tournés (enfin parmi ceux que j’ai eu l’occasion de voir). Et qui dit Wu-xia psychotronique dit délires en tous genres. Et même si, dans le domaine du gros pêtage de plombs démentiel, il n'égale pas des fleurons du genre tels que Buddah’s palm ou Holy flame of the martial world, le film de Chu Yuan comprend son lot de perles savoureusement bis comme en témoigne cette séquence d’explosions en série de moines en mousse ou ce combattant aveugle, aux réflexes et à l'odorat sur-aiguisés, qui se déplace uniquement sous terre pour ainsi surgir du sol et prendre son adversaire au dépourvu. Le quota « psycho » est aussi assuré par une bonne galerie de vilains folkloriques (hélàs trop peu présents à l’écran pour la plupart) et des chorégraphies aériennes pas toujours maîtrisées mais rehaussés par une avalanche de super-pouvoirs fluos ou autres champs de force coloriés à même la pellicule. Cependant, l’élément le plus marquant de Hidden power of dragon sabre demeure sans conteste sans ce guerrier androgyne surpuissant, (oui, 8 ans avant Swordsman 2 !) campé par un Alex Man survolté, dont le corps, les vêtements et le visage sont partagés en deux parties façon « double face » dans Batman. Un côté homme, un côté femme…Autant dire qu’avec une telle idée, le père Chu s’en donne à cœur joie dans l’utilisation du champ/contre champ.
Par contre, contrairement à Alex Man, les autres têtes d'affiche semblent très peu concernées par leur rôle. Cherie Cheung et Derek Yee gardent un même air absent durant l’intégralité du métrage tandis que Ti Lung, dans la peau d’un valeureux guerrier mongol, se repose sur son charisme naturel. Mais vu l’absence de profondeur de leur personnages ce n’est guère étonnant.
Bien que plutôt faiblard sur le plan du jeu d’acteurs et du scénario, Hidden power of dragon sabre reste un WXP débordant de générosité et d’idées à un tel point que ces dernières ne fonctionnent pas toujours (je me demande encore ce que viennent faire les décors à la Star Wars)…Mais un joyeux bordel fantaisiste, énergique et hautement divertissant comme celui-ci ne peut que séduire l'amateur d’aventures « sérialesques », surtout quand il est réalisé par un Chu Yuan complètement fondu du ciboulot (par moments on se demanque quand même s'il sait ce qu'il fait !) et en pleine possession de ses moyens plastiques.


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Le petit Kaiju du peuple.  posté le dimanche 20 juillet 2008 14:18

Pulgasari de Shin Sang-Ok

Durant l'époque médiévale, la Corée est dirigée par un tyran qui opprime le peuple.
Fruit du labeur d'un pauvre paysan sur le point de mourir, Pulgasari (un monstre se nourrissant de métal afin de devenir gigantesque) deviendra l'arme permettant au peuple de se révolter contre ce régime inhumain. Mais il se peut que cette créature qui, pourtant, incarne la révolution prolétarienne se retourne contre son camp...

Pulgasari est le seul exemple connu de Kaiju-eiga nord-coréen. Une véritable curiosité lorsque l'on sait que le pays produit exclusivement des oeuvres réalistes à la morale socialiste édifiante ou des films de guerres lacrymaux vantant l'exemplarité de l'armée révolutionnaire.

Produit par Kim Jong-Il (crédité comme producteur exécutif), quand ce dernier n'était pas encore dictateur (le film date de 1985: l'office était encore occupé par son père, Kim Il-Sung), Pulgasari, si il reste idéologiquement assez soft (sans doute afin de s'exporter plus facilement), reste dans son propos assez nord-coréen.
De fait, la Corée du Nord étant sous régime communiste, le métrage véhicule une certaine idéologie socialiste. Cela s'exprime dans le choix des héros, essentiellement des paysans pauvres et des ouvriers de manufactrures exploités, réprimés et affamés par le pouvoir ploutocrate, aristocrate et décadent (le prolétariat réprimée par le capitalisme...La métaphore est simple!). De fait, le peuple dirigera sa juste colère vers le roi afin de le renverser et instaurer une forme de gouvernement plus juste et plus populaire. Et c'est là qu'intervient Pulgasari, monstre fabriqué, dans la souffrance, des mains d'un honnête travailleur et avec le peu que ce dernier possède, c'est à dire de la terre et un peu de riz. Monstre qui prendra vie grace à une goutte de sang tombant du doigt d'une jeune fille pure et pauvre, toute dévouée à la révolution prolétarienne. Ainsi, Pulgasari né du labeur et de la souffrance du peuple vit grace au sang du peuple. Il est l'incarnation même de cette révolution populaire. De fait, le spectateur doit l'identifier au Juché (l'idéologie communiste nord-coréenne) qui tout comme le monstre veut détruire les tyrans et éclairer le monde de la lumière marxiste. D'ailleurs un des rebelles ne dit t'il pas que Pulgasari devrait sauver le monde !

Chapeauté par Kim Jong-Il, le film établit évidemment de fortes analogies avec la rebellion contre le colonisateur japonais. Ainsi, une longue scène où les rebelles survivent tant bien que mal dans la montagne établit une évidente connexion avec cette période touchant personnellement la famille Kim...Le père Kim Sung-Il était un des leaders de la rebellion tandis que Kim Jong-Il naquit dans un refuge de partisans en Sibérie. Une connexion vantant donc le courage et la valeur des partisans communistes (d'autant plus évidente que les rebelles du film partent à l'assaut en agitant de nombreux drapeaux rouges !) à la seule différence près que, dans le film, les villageois chassent par eux-même le despote tandis que la rebellion communiste en Corée ne mit jamais en difficulté l'armée japonaise (la Corée fut d'ailleurs épargnée par les combats de la seconde guerre mondiale puisque l'offensive soviétique contre le Japon s'arrêta à la Mandchourie) et ne put prendre le pouvoir que grace à l'occupation du nord du pays par l'armée rouge.

De même, le film reste très communiste dans sa façon de plier les destins individuels ressortant trop au dessus de la communauté: Les 3 figures principales du film meurent en se sacrifiant pour la révolution. Dans le régime communiste l'individu n'existe pas, seule la communauté demeure. L'individualiste,celui qui tente d'en sortir la tête doit mourir car il est danger pour la survie du régime prolétarien. Soit il se sacrifie pour le prolétarait et il devient un héros du peuple, soit il s'oppose à la volonté prolétaire et devient un traître que l'on doit écraser.
Enfin, respectant à la lettre l'idéologie marxiste, le film fait table rase du passé lorsque le monstre détruit un magnifique palais symbole de la décadence et de l'oppression royale.

Pourtant, au-delà de cette patine marxiste clairement affichée, Pulgasari dresse, invonlontairement (?), un portrait bien moins glorieux (mais tellement plus réaliste !) de la Corée du Nord. Ainsi, comment ne pas reconnaître dans la repression subie par les paysans l'immonde régime de Pyongyang qui, aujourd'hui encore, continue à faire de terribles ravages. Impossible de ne pas penser à cette dictature lorsque l'on voit le peuple mourir de faim (une terrible famine touche la Corée du Nord depuis les années 80... poussant certains au cannibalisme) et se nourrir de n'importe quoi pour subsister (chevaux, sève, feuilles, racines...). De même, les camps de détention atroces et les grands chantiers de travaux forcés décrits dans le film évoquent forcément les camps de "concentration" nord-coréens (proches cousins du goulag russe et du laogai chinois... En aussi atroces peut être, de nombreux transfuges parlent de prisonniers dévorés vifs par des chiens, d'exécutions sommaires et de savon fabriqué avec la graisse des cadavres). Enfin, les politiques absurdes et méprisantes envers la vie humaine auxquelles sont soumis les villageois, tels que fondre tous les outils agricoles indispensables pourtant à la survie des paysans, rappellent certains épisodes sombres de l'histoire communiste tel que le Grand Bond en Avant du voisin chinois où, afin de satisfaire des projets industriels irréalistes, des millions de paysans fondirent leurs outils et s'exposèrent à la plus grande famine de l'histoire (plus de 30 millions de morts).

Ce reflet négatif d'un régime que le fim est censé encenser est encore plus accentué à la fin du métrage lorsque après avoir détruit le despote, le monstre devient l'ennemi des hommes et les menace de famine en dévorant tout leur métal (le parallèle avec l'insatiable et dominante industrie des pays communistes est criant). Pirouette scénaristique extrèmement risquée puisque le monstre, jusque là assimilée au Juché, devient l'ennemi et l'opresseur à abattre, tout comme le régime de Pyongyang voulu libérateur est devenu bourreau. La critique est encore plus forte lorsque l'héroïne demande la destruction du monstre afin de préserver le monde de sa folie. Une critique tellement facile à appliquer à Pyongyang, dernier rempart de la folie stalinienne, et à la démence messianique de ses dirigeants.
Le film risque donc une volte-face assez surprenante et pourtant compréhensible étant donné qu'il à été réalisé par un réalisateur sud-coréen, Shin Sang Ok, enlevé par les services nord-coréens pour réaliser des films à la gloire du régime (bien que certains contestent cette version des faits et affirment que le cinéaste se serait rendu dans le nord de son plein gré). Il est donc possible de penser que Shin Sang Ok a cherché à détourner le film afin de dresser une critique du régime qu'il était censé encenser.

Si l'on met à part sa portée politique qui le rend passionant, Pulgasari demeure un honnête divertissement louchant fortement du côté des voisins Japonais (Daimajin en particulier) et Chinois (l'esthétique de studio évoque fortement certains films de la Shaw) sans oublier d'innombrables plans piqués à Eiseinstein...ce qui, finalement, n'est pas si étonnant. Mais force est d'avouer que le film s'avère un tantinet plus cheap que ses modèles, et ce malgré une imposante figuration et un étonnant travail sur les maquettes (éffectué par des spécialistes Nippons. D'ailleurs l'homme sous le costume du monstre n'est nul autre que Kenpachiro Satsuma...Un des interprètes de Godzilla !). Parmi les éléments cruellement cheap on retiendra en particulier des transparences n'ayant rien à envier à celles du légendaire Mighty peking man ainsi qu'un bébé Pulgasari d'une inertie totale lors des nombreux plans larges (normal c'est une figurine !) et d'un ridicule achevé lors de certaines séquences (comiques ?) évoquant le douloureux (mais rigolo) Fils de Godzilla .
Dommage aussi concernant la réalisation des scènes de batailles, ces dernières se révèlent brouillonnes, plombées par des mouvements de caméra hasardeux  et des transitions maladroites...Pourtant ce ne sont pas les figurants qui manquent.
Mais bon, malgré tout, le film reste plutôt agrable à regarder grâce à un rythme assez bien géré (les péripéties sont nombreuses quoiqu'un peu répétitives), quelques jolis instantanés poétiques et un visuel aussi désuet qu'accrocheur (les costumes et décors flattent le regard).
Et puis un film médiéval épique avec un gros gloumoute qui pousse des cris de wookie ne peut être totalement raté, non ?



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La délicieuse saveur du gros bis "à l'ancienne".  posté le dimanche 20 juillet 2008 13:20

Exodus, tales from the enchanted kingdom

Dans un monde dominé par le tout puissant et maléfique Balgulbol, Exodus un guerrier surpuissant est chargé par la cité de Bantayan (dernier bastion de l'humanité) de capturer les 4 élémentaux afin de mettre fin au règne du terrible despote.

Comme on s'en doutait tous (enfin, les 2 ou 3 fondus du bulbe qui attendaient ce film) Exodus est un véritable nanar. Mais attention pas une infâme merde indéfendable (à la Uwe Boll dira t'on, en prenant un peu de risques puisque le bonhomme n'est pas connu pour sa commoditié) qu'on matte partagés entre hilarité et consternation, le doigt accusateur pointé vers l'écran. Il s'agit ici d'un nanar au sens "noble" du terme, c'est à dire une oeuvre mal foutue et "cheap" à en crever mais touchante de par ses maladresses et sa volontée d'en foutre plein la vue avec le budget chips du dernier blockbuster ricain en date. Un truc clairement foireux mais qu'on regarde avec les yeux d'un gamin ému par la "poésie" qui s'en dégage...Mais c'est pas interdit de rigoler un bon coup hein, on est là pour ça avant tout ! Comment dire, si vous êtes sensibles aux transparences râtées et au costume de singe cousu par ma grand mère de Mighty peking man, si vous regardez avec exhaltation le lançer de buffle en mousse de La revanche de Samson, si le "génocidage" de bisounours commis par Cuneyt Arkin dans Turkish star wars vous file les larmes aux yeux ou si les CGI tous pourris de Mortal Kombat 2 vous procurent plus de plaisir qu'un kraken top moumoute dans cette bousasse de Pirates des caraïbes 2, n'hésitez pas Exodus, tales from the enchanted kingdom est fait pour vous, et rien que pour vous !

Conte d'héroïc fantasy mâtiné de SF cyberpunk et clairement destiné aux mioches (le récit débute par une pub pour un parc d'attractions et on à même droit à 3 ou 4 chansons, comme dans un Disney !), Exodus narre l'aventure d'un guerrier (campé par un Mr muscle à la fois acteur et politicien...Une sorte de Schwarzy local donc !) chargé de ramener les 4 élémentaux afin de mettre fin au règne du terrible roi Balgulbol (une très grosse enflure dont le but est d'anéantir l'humanité). Bien sûr notre héros découvrira, en milieu de film, un secret qui changera sa destinée...Inutile de préciser que le spectateur non atteint de cécité le grillera au bout de 10 minutes. Bref, rien de bien nouveau dans ce récit über balisé ne sortant jamais des sentiers battus, mais l'intérêt n'est pas là. Exodus c'est avant tout une fresque (enfin fresque est un bien grand mot) relativement ambitieuse (récit campbellien, à mi chemin entre fantasy et SF, farci d'exploits super-heroiques, de décors fantasques et de batailles homeriques...Qui tiennent plus du Simpson bourré à la Duff que du poète antique !) réalisée avec le budget d'un épisode de Sous le soleil et shooté à la HD bas de gamme (en fait on dirait de la bonne vieille DV). Un des points les plus marquants de ce nanar "new school" possédant la saveur d'un vieux bis rital des 80's réside dans le look, aussi improbable que jouissif, de ces différents protagonnistes. A ce titre les élémentaux valent leur pesant de cacahuètes: On retiendra en particulier l'élémental de terre (sidekick comique -et gay friendly- du héros) campé par un acteur passant le plus clair de son temps à tortiller du cul dans un costume de centaure bleu qui plisse au moindre mouvement, ainsi que l'élémental de l'air (une nana -fort charmante au demeurant- lookée façon gogoth/ cyberpunk avec des petites ailes en CGI dans le dos) sans oublier l'élémental du feu (un mioche, qui se transforme en boule de feu quand ça lui pête, avec une perruque rousse -choppée à la foir' fouille du coin- posée approximativement sur la caboche)...Seul l'élémental de l'eau, toute choupinette dans son costume fait de drapés virevoltants (évoquant fortement le wu-xia pian fantastique) ne parait pas concue par un "character designer" au cerveau rongé par l'abus de substances illicites en tous genres.
En dépit d'un second tiers un poil mollasson, Exodus enchaîne les séquences "à grand spectacle" avec une rigueur quasi métronomique...Au rayon des réjouissances on signalera la présence de nombreuses bastons aériennes câblées à outrance et bourrées d'effets visuels sensés traduire une impression de vitesse (un peu comme dans Legend of Zu lorsque Dawn affronte les phantom troopers, mais en foireux !), de petits monstres verdâtres et voraces aux grandes dents et aux gros yeux jaunes, d'un combat mettant en scène un groupe d'hommes oiseaux que -de guerre lasse- je refuse de décrire, d'affrontements "télékinésiques" où on soulève des dizaines de rochers (en SPFX tout pas beaux donc), de batailles opposant des humains à des simili-minotaures, et j'en passe...Le clou du spectacle réside dans ce combat (relativement brutal et nerveux vu la tonalité enfantine du métrage) opposant le héros au "big bad motherfucker": Nos combattants, entourés d'éclairs et sapés comme dans un bon vieux sentai (en armure intégrales donc), se savatent la gueule dans un décor en carton pâte où l'on grille sans le moindre effort les spots rouges balancés à pleine puissance.
Vous aurez donc compris que ce Tales from the enchanted kingdom ne peut, pour le moins du monde, être considéré comme un bon film...Et pourtant j'ai pris un véritable plaisir (coupable of course) à le matter tant ce joyeux nanar naïf, généreux, attachant et dénué du cynisme qui ronge une grande majorité des films pour bambins, inspire une évidente sympathie.
Fuck Narnia ! Fuck Arthur et Minimoches...Vive Exodus !
(mais j'ai pas dit que c'était objectivement bien, hein...)

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Humour cantonnais pour palais pervertis PARTIE I : Black Panther Warriors.  posté le samedi 19 juillet 2008 15:15

Un inspecteur de police (Melvin Wong) contacte un as de la cambriole (Alan Tang) et lui demande, en échange d'une grosse récompense,de voler une boite dans le département de Police. Cette opération aurait pour but de vérifier si la sécurité est bonne. Alan accepte le deal et, pour mener à bien cette mission, fait appel à 6 personnages pour le moins délurés ayant chacun une technique bien particulière...

Réalisé par ce gros tâcheron de Clarence Ford (Naked killer, Dragon from Russia… Ah oui quand même !), Black panther warriors est un beau portnawak hystérique, typique de la première moitié des 90’s, que l’on pourrait décrire comme étant une comédie grasse mixée à un « caper movie » et mâtinée de wu-xia pian contemporain (les persos se battent dans les airs et possèdent des attaques spéciales dignes d’un jeu vidéo estampillé snk/capcom). Black panther warriors s’inscrit pleinement dans la mode éphémère des comic-books live, lorgnant fortement du côté du revival du film de sabre, à laquelle appartiennent des métrages tels que Heroïc trio et sa suite ou Savior of the soul (d’ailleurs le look de Tony Leung kar-fai évoque énormément celui Andy Lau dans le film susnommé). Deux métrages qui peuvent sembler d’une sobriété et d’une austérité quasi monacale comparés à celui de Clarence Ford. C’est dire si ce dernier va loin dans le délire ! Sur le plan de l’humour crétinoïde et ronge crâne, Black panther warriors rivaliserait presque avec ce sommet d’humour fin et « Lubitschien » qu’est Future cops (le Street fighter de Wong Jing). On y croise, entre autres, un Tony Leung Kar-Fai dans la peau d’un dragueur neuneu qui passe toute la première bobine du film à se déplacer en faisant des cabrioles, quand il ne s'enfuit en courant (et en hurlant) dès qu'une personne se met à parler en mandarin ! N’oublions pas non plus la prestation de Simon Yam qui passe son temps à frimer en faisant des figures impossibles avec un jeu de cartes (lors d’une séquence de dialogue il lance régulièrement une carte qui, tel un boomerang, lui revient toujours dans la main… Ne me demandez pas l’utilité de ce genre de trucs !). Dicky Cheung, quand à lui, explose le quota de « couilloneries » en campant un génie informatique (rappeur à ses heures perdues !) qui devient débile, et se met à baver partout, quand on lui enlève sa tétine de la bouche (lors d’une séquence « mémorable » il tête Simon Yam !).
Finalement on se demande bien ce que fout Lin Chin-Hsia dans ce bordel (bien que ce ne soit pas le premier portnawak dans lequel elle ait jouée). Surtout que, contrairement aux cabots cités ci dessus, elle se montre toujours aussi classe et semble toute droit sortie d’un WXP type Swordsman 2 ou Deadful melody. Un peu de grâce dans un monde de débiles quoi…
Black panther warriors ne serait pas le délire sous acides qu’il est sans son découpage hystérique (et hasardeux) qui, en plus de faire saigner l’œil du spectateur lambda (Bay c‘est du Tarkovski à côté !), renforce le n’importe quoi généralisé des séquences d‘action sur-câblées durant lesquelles tout pète dans tous les sens et défie les lois de la gravité (même les armes à feu tournoient autour des personnages !). Et je n'ai pas encore parlé de la très élégante (hum) mise en images constituée majoritairement de plongées et contre plongées extrêmes (shootées au grand angle, oeuf course !), de cadrages biscornus (la caméra est de traviole sur 99,9% des plans)… Le tout dans des décors art déco du « meilleur » goût ! En fait le film ressemble à une grosse caricature du cinoche d’exploit’ HK du début des années 90... C’est dire si le Clarence Ford pousse le bouchon loin, très loin ! Pour finir, impossible de ne pas mentionner la bande originale « héroïco-cheapos » dont le thème principal ,évoquant fortement celui de God of gamblers (les 2 scores sont signés Lowell Lo), décuple le l’aspect fun de certaines séquences (je pense en particulier au passage où Tony Leung Kar-Fai, en mode Rambo, mitraille des dizaines de porte-flingues qui se déplacent suspendus à des fils électriques).

…Je ne saurais conseiller ce métrage qu’aux curieux, et un peu masos sur les bords, voulant explorer les tréfonds du cinoche HK (comme je le disais précédemment, c’est débile et ronge crâne à un point quasi inimaginable), mais, pour ma part, je dois avouer (avec un chouilla de honte) que je me suis bien marré.

 

 

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Manchot Bouillant !  posté le samedi 19 juillet 2008 14:38

Une jeune fille, munie d'un bras mitraillette, affronte un gang de yakuzas/ninjas dans le but de venger son frère.

Comme nombre de films précédés d'un énorme buzz, The machine girl suscite, au final, une légère déception. Celle ci est en partie due au fait que la bande annonce aguicheuse (qui nous en montrait beaucoup trop) laissait présager d'une énorme boucherie catroonesque et ultra gore digne d'un Braindead nippon. Alors oui, les corps explosent, se sectionnent en deux (ou plus si affinités) et se désintègrent... Oui, on y vomit tripes et boyaux, on y finit en bouillie sous un déluge de balles, on y bouffe des shuriken qui ressortent par les joues et on y transforme des bras en tempura... Oui, on se tronçonne dans la joie et la bonne humeur, on se perfore le torse à coup de nichons foreurs, on s'enfonce des dizaines des clous dans le visage (à en rendre Pinhead jaloux !)... Et oui, l'objectif de la caméra est souvent aspergé par des hectolitres de sirop de grenadine, etc... Inutile d'en dire plus, vous aurez donc compris que les séquences gores tiennent leur promesses en ce qui concerne l'art et la manière d'expérimenter différentes façon d'occire son prochain tout en salopant le plus possible le décor ! La succession d'effets spéciaux cheap (maquillages, prothèses, tout fleure bon la foir' fouille !) souligne plutôt bien l'aspect inoffensif et résolument carnavalesque de cette débauche de barbaque. Hélas, sorti de là, le métrage se montre assez lassant et monotone. Disons que le rythme aurait pu s'avérer nettement plus digeste si le film avait fait preuve d'un état d'esprit résolument crétin (dans le sens noble du terme) en enchaînant les gags et autres blagues (foireuses) durant les temps morts...Malheureusement, force est d'avouer que Higuchi se montre beaucoup moins inspiré lorsque les personnages n'ont pas une pétoire ou une arme blanche entre les mains. Autant dire que le bonhomme peine à maintenir l'intérêt du spectateur durant les (parfois très) longues séquences censées développer un minimum le récit (à quoi bon puisque ça ne raconte pas grand chose !). Ces dernières, dépourvues de la moindre inventivité, se révèlent d'une très grande mollesse. Les quelques touches d'humour échouent à tirer ces passages "bouche trou" vers le haut, la faute revenant à un réalisateur bien trop timoré. Hormis lors des séquences de bourrinage intensif, Noboru Iguchi ne parvient pas à rendre évident le potentiel comique de ce qu'il filme et ne semble pas assumer à 100% le caractère hautement délirant de son projet (fainéantise ? manque d'imagination ?). Par conséquent, la sauce ne prend jamais lorsqu'il tente de parodier les séquences mélodramatiques d'usage dans les films de vengeance. La réalisation, dénuée d'énergie, n'aide pas... Et Dieu sait si ce genre de film extrême(ment con) se doit de ne pas de connaître la demi-mesure !

D'ailleurs, puisqu'on y est, venons en à la réalisation à peine digne d'un Lloyd Kaufmann (pour rester dans le domaine hautement respectable de la pantalonnade trashouille !)...C'est dire ! Mais au moins, ce dernier (dans ses meilleurs jours) possède suffisamment d'idées barrées de la carafe pour faire passer le temps entre deux giclées d'hémoglobine ! Malgré quelques cadres iconiques et dynamiques (la scène d'intro, franchement efficace, parvient à faire illusion) et une ou deux idées intéressantes (le final stroboscopique), la mise en scène de Machine girl se montre très souvent des plus plates et indigentes (il faut dire que la photo crue, genre DV de base, n'aide pas...). A ce titre la séquence avec les ninjas en survêt' (Godfrey Ho staïle ! ) transpire l'amateurisme et atteint un degré de non maitrise assez hallucinant. Mais bon, on s'en accommode très bien durant les diverses boucheries qui émaillent le film (même si j'aurais préféré voir un cartoon gore bien torché comme le sont, par exemple, Braindead et Versus), par contre ça se révèle nettement plus problématique lorsque le récit traîne la patte.

En résumé, un divertissement sanguignolent torché à la va vite, tantôt fun (l'intro, les vingt dernières minutes), tantôt ronflant (le reste !)... A voir tout de même lors d'une soirée burgers/binouze, même si dans genre "gorigolo" jap' et fauché , le film n'arrive pas à la cheville du Versus de Kitamura qui, bien que possédant lui aussi quelques problèmes de rythme, se montrait nettement plus maîtrisé (sur le plan formel surtout) tout en allant plus loin dans le n'importe quoi jouissif. Pour en finir avec le petit jeu des comparaisons, ajoutons que, de par l'atmosphère de délire constant imprégnant le film de Kitamura, le jeu outrancier -et passablement mauvais- des "acteurs" s'avérait moins gênant que dans Machine girl (l'héroïne éponyme est campée par une miss AV -adult video-...Ça se voit !).

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